Balade sur la route du bord de mer entre Cannes et Cagnes sur mer…

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Par Geneviève Clastres de voyageons-autrement.com

 

La route du bord de mer, cette longue ligne de bitume qui se déroule entre mer et ciel sous un soleil têtu. Du cap d’Antibes à Cagnes sur mer, on peut filer tout droit ou prendre un peu de hauteur. La grande bleue se mire aussi depuis les collines avoisinantes. Dès le 18e siècle, la bourgeoisie y a fait construire des villas somptueuses parfois extravagantes. On venait y quérir un peu de fraîcheur au milieu des oliviers et des orangers, le corps alangui dans le son entêtant des cigales. A présent, on musarde, on visite et l’on rêve, rebattant le pavé là où nombre d’artistes ont laissé des traces.

Antibes@DR

Le Cap d’Antibes et le sentier de Tirepoil !

Entre Antibes et Juan les Pins, ce promontoire rocheux évoque avant tout ces villas luxueuses qui font rêver les promeneurs. Parmi elles, la villa Eilenrocune demeure néoclassique dotée d’un parc de 11 hectares aux essences mirifiques (pins, arbousiers, romarins, eucalyptus) où s’épanouissent un millier de rosiers au cœur d’un jardin des senteurs. Elle fut édifiée entre 1860 et 1867 par un riche Hollandais, ancien gouverneur des Indes, pour son aimée Cornélie. Et malgré l’anagramme évocateur, la belle n’y mis jamais les pieds, ce qui est loin d’être le cas des visiteurs, qui peuvent à présent prendre quelque peu leur part du rêve. Et les férus d’architecture et de belles demeures auront encore bien des surprises avec, au-delà des villas démentielles et des grands hôtels, d’autres curiosités telle l’ancienne chapelle Notre-Dame de la Garoupe, au pied du phare, superbe point de vue sur la baie d’Antibes, Nice et, de l’autre côté, Juan-Les-Pins. On peut d’ailleurs emprunter le chemin du Calvaire, enclave sauvegardée avec un bois de 9 hectares. Il faut dire que l’ensemble du Cap d’Antibes est classé Natura 2 000, notamment pour sa flore d’une incroyable diversité. Cristes marines, cinéraires maritimes, lavandes de mer et barbes de Jupiter y abondent. Au pied des falaises, une prairie d’algues témoigne de la bonne qualité des eaux. Et loin des constructions urbaines, cette biodiversité fragile se découvre aussi depuis le sentier du littoral, appelé sentier de Tirepoil tant le vent marin décoiffait là les visiteurs. On s’extrait alors de l’urbanisation pour retrouver la roche et les embruns, une immersion au cœur de paysages parfois lunaires, où l’on n’entend plus que le son de la mer, du vent, et des mouettes.

Musée Picasso@DR

Antibes et sa vieille ville

A une heure de marche du cap, Antibes a été bâtie par les Phocéens avant de revenir à la famille des Grimaldi puis, à partir de 1600, d’être fortifiée en tant que ville frontière pour le contrôle des Etats de Savoie. Au 19e, alors qu’elle se développe, ses remparts sont peu à peu démantelés, mais le charme de sa vieille ville est intact. L’un de ses plus vifs porte plume fut le romancier et dramaturge Jacques Audiberti (1899-1965), natif d’Antibes, qui écrivit alors : « Je me souviens de m’être un jour laissé tomber devant Antibes, comme saisi dans l’épaisseur d’un coup de foudre de lumière, en criant que c’était trop, que c’était trop beau ! » On peut découvrir sa maison natale rue du Saint-Esprit, au cœur de la cité, dont les ruelles étroites sont encadrées de hautes maisons provençales. Au cœur de ce centre historique, le musée Picasso occupe le château Grimaldi, fondé sur l’ancienne acropole grecque d’Antipolis. Le peintre espagnol y installa son atelier en 1946 et y réalisa de nombreuses œuvres dont 23 peintures et 44 dessins qu’il laissa en dépôt à la ville. Le musée permet aussi d’admirer des tableaux de Nicolas de Staël, des œuvres issues de la Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman et une collection d’art moderne. En sortant, un tour au marché provençal puis au port Vauban permet d’osciller entre produits locaux et luxe démesuré, quand  les plus beaux yachts de la région sont amarrés au quai des milliardaires…

Vue du Fort@DR

Cagnes sur Mer

Il est évident qu’un pèlerin ferait le choix de rejoindre Cagnes sur Mer depuis Antibes à pied. Finalement, il n’y a que dix kilomètres entre les deux villes et la promenade est belle, entre mer et arrière pays, où l’on croise successivement le Fort Carré, le parc départemental de Vaugrenier puis l’hippodrome de la Côte d’Azur avant de remonter vers Cagnes. Là, les petites ruelles en pierre grimpent jusqu’à la place centrale du village. Une partie de pétanque bat son plein sous les platanes. Dans ce « Montmartre de la Côte d’Azur », il y a certes galeries et ateliers d’artisans, un ancien château mais aussi et surtout, la propriété des Collettes, que Renoir a achetée en 1907, afin de sauver la magnifique oliveraie. Dans ce magnifique domaine planté d’oliviers et d’agrumes, le peintre a vécu jusqu’à sa mort, en 1919, et laissé près de 15 toiles originales, des bronzes, des céramiques, des sculptures en plâtre. On découvre son atelier et sa vie sur place, racontée à travers ses œuvres ou des objets et archives plus intimes mais aussi, dans le jardin, un superbe panorama sur l’ensemble de la baie jusqu’au cap d’Antibes. Enfin, pour poursuivre ou étoffer vos aventures au fil du littoral, vous pourrez également trouver de nombreuses propositions via le projet SISTINA financé par le programme de coopération franco-italien Interreg Marittimo qui a distingué de nombreux prestataires engagés dans le cyclotourisme, le nautisme ou l’oenogastronomie.

Rendez vous sur le site dédié #grandtourupmed
https://www.grandtourupmed.eu/

Paysage de la Côte d'Azur@SISTINA

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