Labellisation, une valeur ajoutée pour le tourisme durable?

mardi 20 décembre 2016
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Labellisation, une valeur ajoutée pour le tourisme durable?
TweetChat Tourisme Durable #TDTC : Tourisme Durable & Labels avec Clef Verte

Un mardi sur deux, ATD organise un chat’ thématique sur Twitter avec des invités spéciaux. Le 20 décembre, accompagné de différents intervenants,  Loren Staquet, coordinatrice nationale du label Clef Verte a abordé le thème des labels. Un sujet complexe qui regroupe un grand nombre d'organismes représentant une valeur ajoutée pour le tourisme durable!

Quels labels garantissent le tourisme durable ? Sur quels critères ?

L'évaluation externe, indépendante et compétente, d'un établissement ou des pratiques d'un acteur est une garantie attendue des clients comme des professionnels [ATR]. Pour garantir le tourisme durable, les labels doivent évaluer des démarches qui répondent aux besoins environnementaux, sociaux et permettent la rentabilité économique. [Sara Duong]. Selon les référentiels, certaines thématiques peuvent être prédominantes. Aujourd‘hui, plus d’une trentaine de labels et de certifications  existent en matière de tourisme responsable.

Dans cet article, une liste non exhaustive va vous être présentée afin de se faire une idée des critères qui favorisent le développement durable du tourisme.

  • Le label Clef Verte est le premier label environnemental international pour les hébergeurs. Il est axé sur l'éducation à l'environnement au niveau interne et local. Ses critères d’attribution sont divisés en 8 catégories et concernent aussi bien ce qui est visible pour le voyageur : sensibilisation, achats, etc. que ce qui ne l'est pas : produits d’entretien, formation, fournisseur d’énergie verte. 

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  • Le label Station Verte est axé sur l’écotourisme et plus précisément la nature, les patrimoines et les activités douces. L’obtention du label Station Verte nécessite le déploiement de l’ensemble des 10 engagements énoncés dans sa charte qualité évalués sur 180 critères.

 

  • Le label Pavillon Bleu s’adresse aux communes, aux plages et ports de plaisance et les évaluent sur des critères liés à l'environnement : l’éducation, la gestion du site, la gestion des déchets et de l'eau.

 

  • Le label "Garantie tourisme équitable et solidaire" proposé par l'ATES, est accordé à des voyagistes engagés sur une gestion durable de leur structure, une gestion équitable de leur activité touristique sur le terrain et une gestion solidaire de leur partenariat. Cinq missions terrains et deux années de recherche ont permis au réseau de co construire avec les acteurs locaux le label sur une base de 54 critères.

 

  • Le label ATR repose un système d’évaluation de l’engagement des opérateurs de voyage dont le Groupe Ecocert assure les audits annuels. Il est basé sur trois piliers : la transparence du voyagiste concernant sa démarche et son engagement, le choix de ses partenaires et la relation qu’ils entretiennent et la cohérence dans ses actions. Ces trois axes sont déclinés en 16 critères.

 

Comment les labels mobilisent-ils toutes les parties prenantes ?

Une démarche de labellisation compte de nombreuses étapes, parfois complexes, qui nécessitent une mobilisation collective. En interne, il est important de véhiculer une culture d’entreprise forte, de challenger les équipes par la formation, les impliquer dans la démarche afin de générer un sentiment de fierté et de reconnaissance apporté par l'attribution du label [Sara Duong]. Une fois convaincues, elles pourront naturellement transmettre ce sentiment aux clients.

En ce qui concerne, les partenaires et prestataires externes, il est important de les mobiliser autour des valeurs du label : offres et communication harmonisées, transparence pour le consommateur. Les professionnels doivent intégrer ses critères dans leurs cahiers des charges pour s’assurer que les fournisseurs privilégient les produits bio et les circuits courts par exemple [Sara Duong].

Conscient qu’une complémentarité est primordiale entre le territoire d’accueil (la station) et le territoire de destination (le PNR), Station Verte a choisi de mettre en place des formations "ecotourisme" à destination des élus et des techniciens des stations. L’ATES quant à elle, a co-construit son label avec les acteurs présents dans les destinations.

Les voyageurs peuvent également être acteurs de la démarche qualité lorsqu'ils sont intégrés dans le processus d'évaluation [ATES].

 

Trop de labels, tuent le label ! Comment éclairer les consommateurs ?

L'objectif d’un label est de simplifier l’information pour le consommateur. Il représente la garantie que le professionnel fait de réels efforts dans un domaine spécifique tel que la diminution de son impact environnemental [Clef Verte]. Cependant, le nombre important de labels et de certifications peuvent provoquer la confusion dans l'esprit des clients.

La communication est donc très importante ! Les acteurs doivent être transparents, pédagogues et informer les voyageurs sur la démarche choisie [Double Sens]. Les critères perceptibles pour les consommateurs doivent être afficheés afin qu’ils comprennent ce qui se cache derrière le logo [Sara Duong].

Pour optimiser les retombées positives des établissements, les organismes de labellisation et de certification ont pour rôle de les accompagner à structurer et valoriser leur démarche auprès des clients et des partenaires. En ce sens, ils vont mettre à leur disposition différents outils tels que des supports de communication personnalisable [Clef Verte]le référentiel des critères du label, des illustrations concrètes des engagements du label [ATES] ou encore l'outil de médiation à l'environnement que propose Station Verte

Sur le long terme, les organismes de labellisation sont également responsables du suivi de l’engagement du labellisé via des audits, le respect du cahier des charges, la transmission de bonnes pratiques, la sensibilisation, etc. [PNR Preche]. Chez Clef Verte par exemple, les dossiers sont réétudiés tous les ans par l'équipe et par un jury externe au label. Concernant les "Stations Vertes", un dispositif d'auto évaluation permet de qualifier leur offre pour définir un plan d’actions à mener.

 

Labellisation, quelles sont les retombées qualitatives et quantitatives ? 

Les Retombées qualitatives :

L’identification de bonnes pratiques qui sont ensuite valorisées, diffusées et dupliquées engendre une progression du nombre de structures labellisées. Une différenciation qui promeut la structure et augmente son attractivité auprès des clients [Clef Verte]. Selon Christelle Taillardat, Directrice du CDT Aube et Franck Laval, Directeur du Solar Hôtel, l'engagement engendre une fidélisation du client [Sara Duong]. Par l'affichage de bonnes pratiques, les consommateurs prennent conscience de leur impact et se sentent acteurs de la démarche [ATES]

En interne, impliquer les employés permet de fédérer les équipes autour d’un projet commun [Clef Verte].

Les retombées quantitatives :

Une meilleure gestion de la consommation d’eau, d’électricité, le conditionnement des produits et le traitement des déchets vont permettent aux professionnels labellisés de réduire leurs charges [Clef Verte]. Ainsi, ces pratiques permettent au Solar Hôtel de réaliser 25% d'économie en proposant un petit déjeuner 100% bio.

A plus grande échelle, on peut également constater des retombées économiques sur le territoire [Sara Duong]. Ces dernières sont multipliées lorsque le client observe une cohérence entre la destination, les hébergeurs et les activités. Ainsi la Fédération des PNR a lancé la marque Valeurs Parc naturel régional qui référence les acteurs impliqués et implantés dans le territoire du Parc [PNR Perche].

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Avez-vous des idées originales et innovantes pour communiquer l’engagement auprès des voyageurs ? 

Avant de définir une stratégie de communication sur son engagement, l’acteur doit identifier sa cible. L’offre ne doit en aucun cas être standardisée, les arguments à valoriser ne seront pas les mêmes pour du tourisme incoming (faire venir les touristes) ou outgoing (faire voyager) [Station Verte].

Les témoignages recueillis lors des Universités du Tourisme Durable 2016 prouvent que le message doit être différent selon les publics. Ainsi, certains clients seront touchés par des valeurs d’authenticité et de partage [Station Verte], d’autres par la qualité des produits frais, locaux ou de leurs bénéfices pour la santé, etc. [Sara Duong].

Concernant les supports de communications, ils sont variés! Nombreux sont les professionnels qui utilisent le numérique, les réseaux sociaux et applications mobiles pour valoriser leur démarche [Clef Verte]. L’ATES a publié une série de visuels qui illustrent un critère par des bonnes pratiques; cet outil apprécié qui sera décliné en livret. L’association travaille également sur une étude d’impact qui sera une présentation concrète de son engagement et de ses critères. Depuis 1996, ATR met à disposition la charte éthique du voyageur ayant pour objectif de les conseiller durant tout le processus du voyage.

 

Pour conclure, nous pouvons dire que chaque label à ses spécificités. Pour proposer une offre en adéquation avec les trois piliers du développement durable et cohérente pour le client, une union des différents labels seraient idéales: «A termes un seul label à travers le monde ? » [ATR]

 Retrouvez des retours d'expériences dans l'article : Panorama des labels, lequel choisir?

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