Comment financer ma démarche de tourisme durable ?

mardi 21 novembre 2017
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PPT Atelier financement

Comment financer ma démarche de tourisme durable ?
Universités du Tourisme Durable 2017, le compte rendu de l'atelier n°3

Dans une démarche de développement durable du tourisme, la question du financement est essentielle. Qu'on soit porteur d'un projet de TPE, de start-up ou entrepreneur déjà établi, des solutions existent pour être accompagné dans sa recherche. Cet atelier présente un diaporama des acteurs vers qui se tourner, des dispositifs à connaître ainsi qu'une série de conseils pour aboutir. 

Animé par Christophe BONNAFOUS, Directeur de TOURISME & DÉVELOPPEMENT

Avec les interventions de :

« L’objectif est de mettre les porteurs de projet en mouvement et en réseau » François Bru

L’association Auvergne Active, composée de 23 collaborateurs, est le fond territorial du mouvement national France Active que vous connaissez peut-être. L’objet de ce mouvement est d’accélérer la réussite des entrepreneurs en leur donnant les moyens de s’engager avec un accompagnement sur mesure, des financements…On est là aussi pour maximiser l’impact social du projet, notamment dans le secteur du tourisme. Pour accompagner ces personnes dans l’aboutissement du projet, il y a beaucoup de dialogue, une offre de conseils, de mise en réseau et de financement. Nous croyons à l’entrepreneuriat engagé, c’est-à-dire que nous sommes là pour donner le moyen d’agir à tous les entrepreneurs, on ne porte pas de jugement de valeur sur la manière d’entreprendre ou le projet ; si ce n’est de vérifier qu’il est viable. Le projet doit permettre à la personne de créer son propre emploi à minima et de s’ancrer sur son territoire. Il y a ceux qui entreprennent sous un format juridique et commercial classique (SARL, SAS…) et ceux qui souhaitent actionner les leviers dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Beaucoup d’organisations dans le tourisme social et/ou durable sont structurées sous forme coopératives et nous souhaitons valoriser ce type d’entrepreneuriat. Nous avons par exemple un outil de « révélations d’engagement » avec des critères sur l’emploi, la gouvernance, le territoire, l’environnement…et en fonction des résultats, on finance plus ou moins. Il faut savoir que dans le champ de l’économie sociale et solidaire, on parle de lucrativité limitée c’est-à-dire que l’excédent de trésorerie dégagé par la structure ne peut pas être distribué entre les membres de la direction mais doit être réinvesti pour développer l’entreprise.

En général dans un plan de financements, vous avez plusieurs acteurs (bancaires, collectivités, fonds propres…) et nous sommes là pour hybrider les ressources. En tant que spécialiste de la garantie sur emprunt bancaire, nous allons partager le risque avec la banque pour sécuriser votre projet à long terme. La garantie sur emprunt bancaire prend la forme d’une avance remboursable de prêt à taux 0, voire de subventions sur certaines cibles. SI vous êtes un entrepreneur « classique », on va peut-être vous garantir 50% du montant de votre emprunt, si vous vous engagé dans une démarche de développement durable, on va peut-être en garantir 90%. Par la finance, on a un rôle solidaire et incitatif. Nous sommes présents dans toute la France donc si vous avez un projet de développement durable, il faut frapper à la porte. Non pas que France Active soit un acteur hégémonique du prêt mais c’est inscrit dans notre ADN que la coopération entre acteur de l’accompagnement est fondamentale. En fonction de l’avancement de votre projet, nous pourrons vous proposer une offre mais aussi vous aiguiller vers des acteurs complémentaires (par exemple Initiative France qui proposent des prêts d’honneur), ou vous mettre en relation avec un entrepreneur au projet similaire pour avoir un retour d’expérience. L’objectif est de vous mettre en mouvement et en réseau. À Auvergne Active, 500 entreprises sont accompagnées et financées chaque année avec un budget de 14 millions d’euros. Dans le tourisme, on a accompagné VVF Villages dans un projet de restructuration, CAP Vacances, Horizons 3000…Vous pouvez faire appel à nous pour la création mais aussi pour les phases de développement derrière. On propose aussi une offre de conseils complémentaire qui comporte un DLA (Dispositifs Locaux d’Accompagnement) pour vous permettre de travailler votre projet en fonction de problématique, de mobiliser des consultants, de prestataires extérieurs…Un dernier chiffre : 82% des entreprises que l’on accompagne en création à Auvergne Active sont pérennes 5 ans après la date de création.

Si j’avais trois conseils à donner aux porteurs de projet ce serait :

  • Ne pas rester seul et être accompagné

  • Travailler avec un conseiller pour analyser l’environnement, la concurrence…

  • Oser communiquer !

 

« Attention à ne pas dénaturer son projet pour rentrer dans la case des subventions » Olivier Gillet

Pour ma part, j’aide les entreprises dans le développement durable, particulièrement sur la région Rhône-Alpes, sur le domaine environnement et énergie en lien avec le tourisme. Lorsqu’on parle d’énergie et d’environnement, on va traiter deux approches :

  • L’approche classique (thématique par thématique : déchets, gaspillage alimentaire, énergie, transports, achats, éco-événements…)

  • L’approche transversale : un prestataire vient dans votre entreprise réaliser un diagnostic de tous vos flux (eau, énergie matières, déchets…) pour rendre compte de leur consommation en euros puis faire des préconisations pour améliorer leur gestion et ainsi réaliser des économies financières.

Quand on parle d’éco-conception, on pense souvent à des produits créés pour limiter l’impact sur l’environnement du berceau jusqu’à la tombe. Mais il y a aussi l’éco-conception de services qui se développent avec la politique plutôt originale d’appréhender son projet et les impacts qu’il génère du début à la fin de l’activité. Ce sont des problématiques sur lesquelles l’ADEME peut apporter un accompagnement. Je vous rappelle qu’il y a également eu un appel à projet, qui compte aujourd’hui une trentaine d’hébergements touristique partout en France, pour être accompagnés financièrement et pouvoir obtenir l’écolabel européen (audit, accompagnement et travaux d’aménagement !). Il est probable que la deuxième édition de cet appel à projet ne soit pas avant 2019 mais il faut faire régulièrement de la veille car il pourrait y en avoir d’autres.

Je voudrais vous parler davantage de l’Ecolabel qui fête ses 25 ans cette année. Parmi les critères, il y a les achats responsables avec des produits éco labellisés qui vous assure une performance égale à la moyenne des produits du marché mais avec une meilleure performance environnementale. En ce qui concerne l’énergie, il peut y avoir des diagnostics gratuits réalisés par les CCI et cofinancés par les aides régionales. En Auvergne Rhône-Alpes par exemple, 49 entreprises touristiques en ont bénéficié avec une moyenne de 8 préconisations chacune principalement sur le chauffage, l’isolation, l’éclairage…et qui ont donc réalisé des économies. Pour ceux qui veulent aller plus loin, l’ADEME peut financer jusqu’à 70% de la prestation d’un bureau d’études. Lorsqu’on est sur de l’investissement en lui-même, il faut passer par nos appels à projet nationaux ou régionaux pour l’obtention d’une aide pouvant aller jusqu’à 40%. L’ADEME peut aussi agir, jusqu’à 70% pour les petites entreprises, dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue avec la mise en place d’un système de management d’énergie présentant des efforts mesurables et durables. Quoi qu’il en soit, vous pouvez vous adresser aux conseils régionaux en gré à gré ou par appel à projets, les conseils départementaux, l’État qui peuvent lancer des appels à projets intéressants (sur la thématique de l’emploi notamment) ou relayer votre demande à l’ADEME. Il ne faut pas négliger non plus l’ancrage territorial en vous demandant si votre territoire est engagé sur tel ou te sujet, par exemple les territoires lauréats de l’appel à projet TPOS seront enclins à vous financer sur l’énergie, ceux lauréats de l’appel à projet TZDTG seront intéressés par des démarches « zéro déchet zéro gaspillage ». Dans la région Rhône-Alpes, il y a au moins 3 collectivités TPOS qui mettent en place des aides directes pour réduire l’impact énergétique des entreprises. Et puis je finis quand même avec l’appel à projet national sur la problématique Air et Transport qui concerne aussi le tourisme.

Si j’avais des conseils à donner, ce serait :

  • Ne pas partir bille en tête mais prendre le temps de cartographier le territoire, les structures d’accompagnement en fonction du type de projet

  • Prendre en compte l’ensemble des parties prenantes

  • Limiter son impact environnemental et être capable de s’adapter au changement climatique

  • Attention de ne pas dénaturer son projet en voulant absolument toucher une subvention qui ne sera de toute façon pas pérenne

  • Attention au green washing si vous mettez en place des petites actions environnementales n’en faites pas une communication monstrueuse

 

« Les financements européens ? Beaucoup en parle sans savoir ce qu’il y a derrière » Frédéric Vaissade

Je suis généraliste donc je n’interviens pas que sur le tourisme durable mais sur tous les sujets à impact social ou environnemental. J’aime bien ce que j’appelle « les nouvelles formes de collaboration sur internet » pour accompagner un changement de société. Mes clients sont principalement des start-ups, des associations, des PME mais aussi des personnes physiques.Avant de parler de financements européens, un petit panorama des autres dispositifs : BPI France, France Active, la Région, la Ville, les fondations telles que celle du Crédit Agricole, les prix et concours, la DIRRECTE, le crowdfunding. Mes premiers conseils :

  • Ne pas se perdre dans tous ces dispositifs

  • Mettre en cohérence le temps consacré à l’obtention de financement et le financement obtenu

  • Attention aux starts up qui répondent à tous les concours et prix

Les financements européens, beaucoup de gens en parlent sans savoir ce qu’il y a derrière…C’est un peu compliqué et les délais sont très longs mais il ne fait pas s’arrêter à cela car il y a beaucoup de possibilités. En effet, certains projets peuvent trouver une niche pour obtenir un financement. En ce qui concerne les délais, il ne faut pas dépendre d’un projet de financement européen mais plutôt le voir comme un complément, un effet de levier possible vis-à-vis d’autres financeurs. Il existe aussi des aides au montage de dossier de financement européen avec un véritable accompagnement au montage du dossier par un professionnel.  Quelques exemples de financements européens : FEDER, LIFE, Horizon 2020…Pour être concret, je vais vous donner un exemple. J’ai accompagné le projet TOWT (transport à la voile), une start-up basée en Bretagne qui veut remettre en avant le transport des marchandises à la voile en utilisation de vieux gréements. Ils ont obtenu récemment un contrat avec Biocoop et travaillent aussi sur l’innovation avec l’ADEME dans le cadre du projet « voilier du futur » afin de réduire les coûts de transport. Le projet a été accepté pour 300 000€ de financement, ce qui représente 80% du montant total du projet. C’est un sujet qui plaît beaucoup à la commission européenne car il créé du lien entre les différents pays et des routes touristiques. Ce projet va dans e sens d’un tourisme durable et culturel en proposant aux passagers de traverser la Manche sur des voiliers qui transportent également de la marchandise, de participer aussi au chargement et au déchargement et de rencontrer des petits producteurs locaux. Quelques conseils pour s’engager dans une telle démarche :

  • Etre à l’écoute, développer son écosystème

  • Limiter le temps alloué par rapport au financement

  • Ne pas trop tordre le projet pour rentrer dans les critères

  • Ne pas copier-coller les dossiers car chaque financeur a des attentes précises. Il s’agit de les comprendre pour ne pas perdre en crédibilité et relire régulièrement l’appel à projet pour ne pas trop dériver des attentes initiales

  • Faire un minimum de veille avec par exemple des mots clés sur twitter

  • Consulter le guide des financements européens pour le secteur du tourisme

 

« Les gens ont envie de financer quelque chose qui a du sens » Marine de Beaufort

Une campagne de crowdfunding, ou financement par la foule, ou financement participatif, peut se faire sous différentes formes. Voy’agir a obtenu 11 000€ sur une campagne initialement fixé à 4500€, en choisissant une campagne de don contre don, c’est-à-dire avec une contrepartie sous forme de cadeaux (évidemment moins coûteux que le montant obtenu ; il est d’ailleurs conseillé de privilégier les partenariats pour obtenir des contreparties gratuites).

Il existe d’autres types de plateforme de crowdfunding en ligne qui permettent par exemple l’obtention de prêt (de particuliers) avec un intérêt en royalties (part du CA) ou d’equity (part du capital). Le plus important est de connaître l’objectif de départ, et ce n’est pas forcément uniquement le financement ! Ce peut-être aussi et surtout un outil de communication.

À ce titre il y a une organisation à prévoir au minimum un mois en amont de la campagne :

  • Choisir le type de plateforme adaptée au projet, définir son objectif

  • Réfléchir aux contreparties proposées, peu coûteuses et attractives et ne pas trop les multiplier pour que cela ne soit pas trop difficile à gérer par la suite

  • Prévoir un plan de communication pour ne pas l’improviser pendant la campagne

  • Communiquer avant en annonçant le lancement de la campagne

  • Pendant la campagne, prévoir 1h d’animation par jour

  • Après la campagne, il faut continuer à communiquer vis-à-vis des participants

Les conseils à retenir :

  • Bien choisir les dates en tenant compte du contexte politique, des événements majeurs, évitez de faire une campagne pendant l’été

  • Ne pas sous-estimer l’importance du soutien des proches et du réseau puisque la plupart du temps ce sont eux qui financent majoritairement le projet ainsi que leur cercle rapproche (en généra les inconnus représentent 5 à 10% du financement seulement)

  • Soigner la relation presse. La campagne de crowdfuding de Voy’agir a permis d’obtenir une vingtaine d’articles de presse. C’est un sujet apprécié des journalistes et cela se prépare en amont par des communiqués de presse.

  • Faire attention à l’objectif financier car le risque de ne pas l’atteindre donne une mauvaise image

  • Mettre en avant les aspects sociaux et environnementaux du projet car les gens ont envie de financer quelque chose qui a du sens. Il ne faut pas hésiter à jouer sur l’émotionnel et l’appartenance

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