Tourisme durable : comment intégrer les critères sociaux ?

mercredi 4 janvier 2017
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Tourisme durable : comment intégrer les critères sociaux ?
Universités du Tourisme Durable 2016, le compte rendu de l'atelier n°3

Le développement durable du tourisme repose communément sur trois piliers : environnemental, économique et...social bien sûr ! Si le premier est évident et souvent associé au deuxième, l'aspect social lui, est régulièrement ignoré. C'est à l'occasion des Universités du Tourisme Durable 2016 que territoires, établissements de tourisme et voyagistes ont apporté leurs éclairages techniques sur le sujet. 

ANIMÉ PAR LAURENCE BUREL, COORDINATRICE RÉGIONALE TOURISME ET HANDICAP AU SEIN DE LA FÉDÉRATION DES OFFICES DE TOURISME DE BRETAGNE 

Avec les interventions de :

  • Armelle MOREAU, Adjointe chargée du tourisme de Carnac
  • François LE PENNEC, Conseillère municipale à la ville de Carnac
  • Gérard BREILLOT, Directeur du Pommeret
  • Mahaut-Lise SOCIT, Déléguée générale UNAT Bretagne
  • Anne-Catherine PÉCHINOT, Directrice Générale de Gîtes de France
  • Caroline MIGNON, Directrice de l’ATES
Introduction du sujet par l’animatrice

Merci à tous d’être venus pour participer à cet échange sur un aspect moins connu du développement touristique durable, à savoir celui des critères sociaux. L’idée est de voir comment vous allez pouvoir intégrer les critères sociaux dans vos actions touristiques, dans les projets que vous menez ou que vous accompagnez. En premier lieu, on va plutôt faire une présentation des différentes approches de l’insertion de ces critères sociaux avec les interventions de nos invités.

Nous aurons d’abord une approche locale avec les interventions d’Armelle MOREAU et Françoise LE PENNEC, en tant qu’élues de Carnac, sur l’intégration de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. Ensuite, Gérard BREILLOT nous parlera de l’insertion professionnelle par le biais de son entreprise. On poursuivra avec la problématique de vacances pour tous avec les interventions de Mahaut-Lise SICOT de l’UNAT Bretagne ainsi que d’Anne-Catherine PÉCHINOT de la Fédération Nationale des Gîtes de France. Enfin, on élargira le propos avec Caroline MIGNON de l’ATES, sur le rôle des voyagistes.

 

"UN ACCUEIL BIENVEILLANT DE LA PERSONNE EN SITUATION DE HANDICAP EST UN ACCUEIL DE QUALITÉ POUR TOUS", ARMELLE MOREAU

Je suis adjointe au tourisme à la mairie de Carnac et également Présidente de l’Office de Tourisme. Avec Françoise, également conseillère municipale, nous nous sommes attelées pour travailler à Carnac sur l’accessibilité, valoriser, accompagner tous les acteurs pour ainsi densifier toutes les démarches. L’objectif étant de devenir une destination à laquelle on pense lorsqu’on est en situation de handicap.

Nous avons deux sites labellisés Tourisme et Handicap : notre médiathèque et un point accueil baignade sur la plage. Tout au long de l’année, nous menons également un « ajustement des actions » avec par exemple, la repeinte d’une rampe d’escalier en couleur pour plus de visibilité. Ce sont des choses très simples qui peuvent faciliter la vie aux personnes concernées.

La médiathèque est labellisée depuis 2013 pour les dispositifs qui concernent le handicap auditif, le handicap mental, et le handicap moteur depuis 2014. Parmi les aménagements et équipements, on retrouve des boucles magnétiques, des stationnements dédiés, des revêtements bien visibles et des bandes de guidage qui vont jusqu’à l’intérieur. Le bâtiment est entièrement de plain-pied avec des étagères assez basses et des allers où il est facile de se déplacer en fauteuils. La signalétique, l’éclairage, l’accessibilité aux toilettes et terrasses…sont tout aussi importants. C’est un choix d’investissements et cela passe aussi par des formations régulières. Nous avons par exemple, une personne formée à la langue des signes.

Le fait que l’initiative soit public a un peu valeur "d’exemple". Notre démarche de départ était d’impulser l’accueil des personnes en situation de handicap. Sur le site de l’Office de Tourisme, il y a une page dédiée aux prestataires qui offrent des services adaptés, c’est aussi une manière de les inciter à participer à cette démarche collective.

Nous sommes très fiers de partager avec vous ce que nous avons mis en place car cela représente un boulot phénoménal. Il est important de comprendre que les dispositions qu’on prend en tant qu’acteurs publics dans la notion d’accessibilité ont forcément des conséquences pour tous ; une maman qui vient à la médiathèque avec une poussette est ravie d’avoir des allées dégagées et des étagères basses pour ses enfants. On s’aperçoit que finalement, un accueil bienveillant des personnes en situation de handicap, c’est un accueil bienveillant et de qualité pour tous.

 

"J’AI MIS TOUT LE CONSEIL MUNICIPAL DE CARNAC EN FAUTEUIL ROULANT", FRANÇOISE LE PENNEC

À Carnac, le point accueil plage marche également très bien, c’est le premier à être labellisé Tourisme et Handicap. Cet espace a ouvert il y a deux ans et demi et il y a deux aides-opérateurs diplômés et formés pour l’accueil. Cet été, 372 personnes ont bénéficié de ce service avec une fréquentation toujours en hausse. Ayant moi-même testé le point plage, je peux vous dire que c’est vraiment le top du top. Il y a un tapis pour permettre le cheminement entre le parking, l’accueil, les vestiaires puis les zones de baignade et de plage. On y trouve aussi un tir à l’eau qui permet de nager un peu ou de rester dedans.

Il y a deux ans, j’ai mis tout le Conseil Municipal de Carnac en fauteuil roulant et leur ai fait faire le parcours du combattant entre le bourg et la plage. Dès le matin, ils ont dû aller chercher le pain en fauteuil roulant, passer à la pharmacie, aller à la banque…c’est à ce moment-là qu’ils se sont rendus compte : trottoirs trop hauts, vélos en stationnement qui empêchent la circulation…J’ai pour projet de reproduire la même action de sensibilisation avec les commerçants de Carnac. Sans les culpabiliser, c’est essayer de leur faire comprendre les difficultés pour une personne à mobilité réduite d’accéder à ces commerces.

 

"DANS LE TOURISME DURABLE, LE PARENT PAUVRE C’EST LE SOCIAL", GÉRARD BREILLOT

Dans le tourisme durable, on parle toujours de l’économique ou on arrive très facilement sur les questions environnementales. Par contre, le parent pauvre c’est le social. On oublie par exemple, que le taux de chômage des personnes handicapées est le double de celui des personnes valides en France. Quand on parle de critères sociaux, on a tendance à prendre les choses par le petit bout de la lorgnette. Moi je renvoie beaucoup plus à la responsabilité sociale des entreprises, c’est-à-dire le mode capitalistique qui a modelé la structure, le mode de gouvernance, la participation, la redistribution, les questions des RH. Sans un projet global on n’y arrive pas, mais là je vais faire un petit focus sur la question de RH à travers l’emploi des personnes handicapées.

Je suis donc le modeste directeur de l’APH Le Pommeret (Association pour la Promotion des personnes Handicapées), je gère un ESAT (֤֤Établissement et Service d’Aide par le Travail) de 150 personnes dont 100 personnes en situation de handicap. Parmi les activités proposées, il y a les Jardins de Brocéliande (8ème équipement touristique de Bretagne, 100 000 visiteurs par an), 5 restaurants, une entreprise d’espaces verts…L’unique objectif c’est, par une activité économique, offrir des emplois adaptés à des personnes en situation de handicap. Cela permet aux personnes d’accéder à un statut social, en termes de revenu elles perçoivent entre 900 et 1000€, elles ont des possibilités de participation, de la formation, des reconnaissances de compétences. De surcroît, nous sommes également une plateforme d’apprentissage, une passerelle, pour qu’au bout de 3 ans, les personnes se dirigent vers des emplois dans des milieux ordinaires. Vous ne le savez pas, mais certaines personnes qui assurent aujourd’hui l’accueil physique et téléphonie dans les magasins, les hôpitaux...sont passées par chez nous.  Tout ça pour dire que les critères sociaux s’inscrivent dans une politique générale au niveau de l’établissement.

Tous les ans, nous arrivons à maintenir l’activité grâce à notre capacité à nous renouveler, trouver des idées originales, notre côté décalé. Nous sommes labellisés Tourisme et Handicap comme tout équipement touristique devrait l’être, mais nulle part il y a marqué "handicapé". Voilà notre politique, c’est ce pourquoi nous existons mais ce n’est surtout pas ce qu’on veut mettre en avant.

 

"LE TOURISME SOCIAL N’EST PAS LE LOW COST DU TOURISME", MAHAUT-LISE SICOT

L’UNAT Bretagne c’est donc l’Union des Associations de Tourisme et de Plein Air de la région Bretagne. C’est une organisation nationale qui existe depuis très longtemps et qui porte le projet de l’accès aux vacances pour tous. L’UNAT se revendique de l’économie sociale et solidaire et place donc l’homme au cœur du projet. L’UNAT représente 1400 établissements au niveau national et une centaine en Bretagne ; ce sont des villages vacances, des auberges de jeunesse, des centres de vacances…ouverts pour tous les publics.

On décline l’implication sociale sous 4 grands critères :

  • gouvernance ou management

  • promotion de l’accès aux vacances pour tous

  • contribution et développement local des territoires

  • respect de l’environnement

La perception du réseau est souvent limitée à des vacances à prix doux, mais le tourisme social n’est pas le low cost du tourisme. Nous ne sommes pas sur une moins-value mais au contraire, sur une plus-value sociale des contenus. Si on observe de plus près les pratiques des uns et des autres, il y a bien sûr un travail sur un tarif au plus juste à l’égard des prestations proposées (hébergement, restauration, animations…). Cela peut prendre plusieurs formes. Les villages vacances par exemple, considèrent plus honnête de proposer des tarifs tout compris. VVF Villages ou Cap France propose aussi une tarification basée sur le quotient familial. Les auberges de jeunesse considèrent que le juste prix est le même tarif pour tout le monde, toute l’année. Certains de nos membres vont plus loin et proposent des bourses vacances. On peut aussi répondre à la question des vacances abordables au travers de l’acceptation des chèques vacances, tout le monde peut le faire, mais tout le monde ne le fait pas.

Proposer des vacances abordables au juste prix, c’est aussi s’interroger sur sa politique d’investissement. Nous avons identifié 21 millions d’euros de programmés sur la Bretagne, c’est colossal, mais ça répond à une nécessité absolue pour avoir une offre de qualité répondant aux besoins. Néanmoins, la montée en gamme des établissements a un impact sur le prix, donc ces choix sont toujours mis en perspective avec notre capacité à être accessibles au plus grand nombre.

Concrètement, proposer des vacances pour tous c’est évidemment travailler sur l’offre elle-même avec des professionnels formés : professionnels de la petite enfance, professionnels du tourisme et de l’accueil mais aussi de l’animation et du lien social ; car il ne suffit pas de mettre les gens côte à côte, encore faut-il que la mayonnaise prenne. C’est là, la particularité du réseau, avec des espaces systématiques de rencontres et d’échanges. L’UNAT a comme valeurs viscérales la mixité et le vivre-ensemble qu’elle traduit dans ses équipements (bars, salons, espaces de jeux…). Le sujet c’est toujours de considérer le touriste comme une personne avant tout. Alors faut-il revendiquer le vivre-ensemble auprès des publics qu’on reçoit ? On le disait ce matin, voyager responsable, d’accord, mais en vacances on a pas envie d’avoir des leçons de morale. Il n’empêche que vivre ensemble ça peut se traduire tout simplement pas des vacances sympas, agréables, épanouissantes.

Sur le réseau breton, nous avons réalisé une étude récente qui montre que l’ensemble de nos établissements cumule plus de 200 distinctions en lien avec l’accueil du plus grand nombre : agrément VACAF (pour accueillir les familles soutenues par les caisses d’allocations familiales), agréments jeunesse et sport, Education Nationale pour les scolaires…En 2015, l’UNAT Bretagne a organisé un forum d’envergure régionale où nous avons invité travailleurs sociaux et associations (Secours Populaire, Secours Catholique, les communes, la CAF…) pour travailler avec eux, sur la façon de mieux accueillir les publics qu’ils accompagnent dans un projet de vacances, parfois un premier départ, parfois intégré dans un projet plus encadré. Notre rôle est de mettre en relation ces structures avec des établissements touristiques, encadrer et encourager la poursuite d’objectifs communs.

On a organisé récemment deux formations en Bretagne : la première sur l’accueil des publics éloignés des vacances, la deuxième sur l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Nous avons reçu du personnel d’accueil, de réservation, animateurs, directeurs de centres…pour travailler avec eux sur leur représentation de ces différents publics, la notion d’empathie ou de sur-empathie (par exemple sur le handicap).

Le réseau a cumulé depuis des années des savoir-faire qu’on entretient aujourd’hui encore, pour permettre au plus grand nombre de partir en vacances, d’accéder à des sites magnifiques sur leur propre territoire.

 

"IL EST ESSENTIEL DE CONNAÎTRE SES VALEURS ET DE LE RÉAFFIRMER", ANNE-CATHERINE PÉCHINOT

Gîtes de France est né il y a plus de 60 ans, dans les Alpes de Hautes Provences, d’un sénateur souhaitant lutter contre la désertification des campagnes et préserver le bâti. L’idée était que les citadins pauvres reviennent à la campagne. Dès l’origine, ce sont des acteurs très présents et engagés sur les territoires. Aujourd’hui, Gîtes de France c’est 60 000 hébergements, 45 000 propriétaires avec des hébergements et des envies différents mais une volonté commune de retombées économiques. Gîtes de France, c’est 600 millions d’euros de chiffre d’affaires chaque année. C’est une grosse machine même si on a plus l’impression d’un dinosaure.

On vit un certain nombre de virages, notamment celui du numérique, qui nécessitent de l’agilité, des décisions rapides, de la vigilance, du changement. Quand on est en train de vivre des bouleversements aussi importants, il est essentiel de connaître ses valeurs et de les réaffirmer. C’est ce que nous nous acharnons à faire en martelant bien notre ADN, de l’aspect local, d’être présent dans le tourisme durable avec des éco-gîtes, des éco-gestes, un partenariat avec l’ADEME, un projet de vacances sans voiture. On est également très présent sur le sujet de l’accessibilité avec 80% des hébergements labellisés tourisme et handicap. Les missions locales des équipes Gîtes de France accompagnent les hébergeurs dans cette démarche.

Ensuite, il y a la volonté de rester sur un tourisme accessible à tous. Chez Gîtes de France, les gîtes sont classés en fonction du niveau de confort de 1 à 5 épi. Sur internet, les gîtes qui se vendent le mieux sont les 3, 4 et 5. Malgré une montée de gamme importante, on peut trouver au mois d’août une semaine de location à 100€ pour 4 personnes ! Nos adhérents ont la volonté de recevoir des personnes qui leur ressemblent, ce n’est pas un métier pour l’argent mais pour conserver un patrimoine auquel on tient et partager sa passion du territoire.

Nous avons développé cet été un partenariat avec le Secours Populaire pour mettre en place des gîtes solidaires en Seine et Loire et aider des familles à partir en vacances. Le propriétaire qui souhaite être gîte solidaire accepte d’offrir des semaines de location gratuites. C’est un réel investissement car il participe à des réunions d’informations pour accompagner les personnes accueillis tout au long du séjour (conseils pour préparer sa valise, rassurer la famille qui part peut-être à la campagne pour la première fois...). C’est un engagement citoyen sur la base du volontariat. Les retours ont été très positifs, l’enrichissement est mutuel, les propriétaires engagés dans cette action ont été transformés. Le rôle du réseau est que cette idée fasse boule de neige dans les autres départements.

 

"LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE CE N’EST PAS UTILISER SES VACANCES POUR ALLER SAUVER LE MONDE", CAROLINE MIGNON

L’ATES (Association du tourisme équitable et Solidaire), c’est 320 circuits dans plus de 50 pays, avec un point commun, on place l’humain au cœur du voyage. Cette action est historiquement dans les pays dits du Sud, pays en développement. Toutefois, de plus en plus de séjours sont créés en Europe du Sud et de l’Est, et de plus en plus en France et en Europe de l’Ouest.

Je vais vous présenter les critères sociaux que l’on aborde dans notre référentiel d’évaluation, critères sur lesquels on évalue les pratiques des voyagistes en termes de critères sociaux.

Le tourisme social et solidaire se situe au cœur de 3 secteurs d’activités :

  • économie sociale et solidaire concrétisée par des modèles de gouvernance transparents, relation de partenariat entre les voyageurs et voyagistes

  • entre voyagistes et partenaires locaux (hôtes), une relation qui relève du commerce équitable

  • solidarité internationale entre les voyageurs et les partenaires locaux, relation entre les voyageurs qui partent et les partenaires qui les accueillent

L’ensemble de ces 3 secteurs créé une rencontre et un développement. Voyager équitable et solidaire, c’est partir chez les locaux, être accueilli chez l’habitant, favoriser l’économie locale, faire en sorte que l’argent dépensé reste dans la destination, prendre le temps de la rencontre, partager le quotidien d’un village et financer des projets de développement. Une rapide digression pour ne pas confondre équitable et solidaire avec humanitaire. Pour nous, la solidarité internationale, ce n’est pas utiliser ses vacances pour aller sauver le monde. Ce n’est pas « j’ai quinze jours de vacances, je suis ingénieur parisien, je vais aller enseigner le français à des petits africains et puis rentrer dans le confort de mon T3 avec le sentiment du devoir accompli ». On se refuse cette façon de voir les choses. Le voyageur en vacances va découvrir un pays, sa culture, on n’attend pas d’eux qu’il construise un poulailler, enseigne le français ou soigne à l’hôpital. Par contre, leur voyage va permettre de financer des projets de développement local et pérenne, embaucher des locaux pour assurer ces tâches. Notre action voit le tourisme comme un complément de revenu pour les personnes qui accueillent, pour qu’elles puissent rester sur leur territoire et maintenir leur activité traditionnelle.

Notre référentiel d’évaluation présente 3 champs d’applications avec des critères qui concernent la gestion de la structure en France, la gestion de l’activité touristique à proprement parlé, la gestion du partenariat entre le voyagiste et le partenaire local.

Les critères sociaux s’appliquent d’abord aux structures françaises car on ne va pas exiger des autres pour exploiter les salariés en France. Nous avons donc un critère de conditions de travail favorables avec des indicateurs comme la gestion prévisionnelle des compétences, favoriser la pérennisation des emplois, encadrement des stagiaires, conventions de bénévolat…

Ensuite, on a des critères qui bénéficient au voyageur : pousser les voyagistes à proposer des séjours et des offres accessibles à tous, temps de sensibilisation aux spécificités locales pour un meilleur respect des populations, de leur environnement et culture…

Enfin, on a des critères qui portent évidemment sur les partenaires locaux : développement de l’emploi local, rémunération équitable puisqu’on applique les principes du commerce équitable, valoriser l’implication des femmes dans l’activité touristique, relations durables avec le partenaire local… On retrouve également des critères sur le respect du droit du travail et des travailleurs, c’est sur ce point que nous avons le plus d’indicateurs et qu’ils sont le plus détaillés : intégrer dans toutes les conventions de partenariat les normes internationales du travail, sensibiliser les partenaires au respect des principes essentiels du droit du travail, ne pas faire travailler d’enfant, définir clairement des conditions d’emplois respectueuses des personnes et les communiquer…Issu directement des principes du commerce équitable, nous avons aussi une nécessité pour les opérateurs d’accompagner leurs partenaires et prestataires locaux dans l’amélioration continue de leurs compétences en termes de gestion de l’activité touristique. Nous avons donc une mission de formation des partenaires avec une vraie réciprocité de la relation Nord-Sud, ou maintenant Nord-Nord. Il existe en effet depuis l’année dernière, une charte du commerce équitable Nord-Nord sur laquelle on va pouvoir s’appuyer pour développer et encadrer des formes de tourisme équitable et solidaire dans nos contrées.

 

Conclusion du sujet par l’animatrice

Finalement les mots qui reviennent assez souvent sont la formation, les ressources humaines, l’accessibilité, le respect de la personne, valorisation, bienveillance. L’égalité hommes-femmes est quelque chose dont on n’a pas beaucoup traité aujourd’hui mais il y aurait beaucoup à dire sur ce critère social dans le développement touristique.

J’ai repéré un petit mot sur lequel on pourrait terminer, c’est le mot plaisir. C’est vrai que c’est important de continuer à prendre plaisir dans le travail dans le échanges, cela fait partie du durable. On parlait également de slow-tourisme, c’est important de prendre le temps de cette réflexion, de vous avoir aujourd’hui, intervenants, acteurs et futurs acteurs. 

 
RETROUVEZ Ici le compte rendu des universités du tourisme durable 2016

#UTD2016

"On ne fait pas du #tourisme chez l'habitant quand on n'est pas altruiste, le moteur de cette activité n'est pas financier" #utd2016

 

Maylis Frat a retweeté VVF Villages

Vive les #vacances en #France @VVFVillages ! #social est #durable La preuve: #Actions concrètes aux #UTD2016 @Reseau_ATD @Siteacteur_CRTB

 

"On peut être leader du #tourisme chez l'habitant sans renier ses valeurs d'origine #social #durable #solidarite" @acpechinot #utd2016

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